PAR CATDEMISEL

Je promets solennellement (…)
Le titre d’une nouvelle chanson de Johnny? Le début d’un discours d’un président? Non, ce sont les premiers mots de la prestation de serment du citoyen suisse d’origine étrangère!

La vie est pleine de surprises, ça je le savais. Mais jamais je n’aurai cru devenir un jour suissesse! En effet, bretonne de cœur et française de naissance, je bénéficiais du permis d’établissement C pour résider et travailler à Genève et en Suisse. Je pouvais même voter au niveau communal! Bref nul besoin pour moi du passeport rouge à croix blanche!

Pourtant, à force de vivre à Genève, je me suis tellement éprise de ses héros (Henri Dunant tout de même), coutumes et paysages, que j’ai fini par désirer très fort ma naturalisation! Ce qui fut fait lundi 28 mars dernier. « Mon printemps » à moi donc.

Certes, il a fallu passer par la prestation de serment avec drapeaux, costumes et musique. Moi qui n’avais jamais été très « défilé du 14 juillet au son de la Marseillaise», je me faisais un peu de souci. Mais au final, me suis surprise à être  tout sourire et émue en chantant, presque à tue-tête, le premier verset de l’hymne national suisse…

Il faut dire que tout dans cette cérémonie est touchant : on se met debout et on se rassoit (comme à l’église…), on lève la main droite à la lecture de la prestation de serment et quand la présidente de la cérémonie, membre du Conseil d’Etat, appelle votre nom, on vacille. Puis, tous les « nouveaux citoyens » se dirigent vers la salle des pas perdus pour le salut officiel et la verrée (là, on commence à se détendre!).

C’est pile à ce moment là que je me suis souvenue de l’importance de ce bâtiment.

Historique pour moi d’abord : la première fois que j’y étais venue, c’était pour entendre ma fille de 8 ans chanter à l’occasion de la fête de la musique de juin 2001 !

Historique également pour les genevois quand ils se rappellent que la rampe en colimaçon pavée permettait d’accéder sans descendre de cheval aux 3 salles de l’édifice.

Ensuite, historique pour tous : c’est dans l’une de ces salles, qu’en août 1864, fut signée la première convention de Genève. Il était déjà question de droits de l’Homme. Ce traité prévoyait l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne. Ce fût l’acte initial de la croix rouge internationale.

Historique et lyrique aussi, car c’est dans cette cour classée que se déroulent les concerts classiques de l’été.

Historique enfin pour les promeneurs genevois, qui pourront y reconnaître un globe de l’exposition « notre Terre » qui a trôné l’an dernier au bord du Lac.

Au final, à chacun son souvenir « suisse et genevois » !

Chancellerie d’Etat
rue de l’Hôtel-de-Ville 2
1204 GENEVE
Tram 16 12 ou 17  arrêt Bel Air-Cité