A force de dire que tout est aseptisé, mondialisé, conceptualisé, on finirait par le croire… Et bien non puisque je vais vous parler d’une petite poche de résistance en plein centre ville ! Comme d’hab, ça se mérite : pas d’indication particulière, juste une errance heureuse vers Plainpalais ! Donc un bout de passage entre des immeubles et planqué entre la rue de Carouge et le Boulevard du Pont d’Arve, une espèce de havre de paix avec ce grand jardin et cette vieille maison à la façade rouge. Bémol, le jardin semble uniquement accessible à ceux qui habitent ou côtoient la bâtisse mais comme cela semble être un squat (plutôt rares en ce moment en ville), je me dis que ça profite quand même à un maximum de personnes !

En lorgnant au dessus de la barrière, j’entre-aperçois les restes d’un feu de camp, une cabane de jardin, une piscine à boudin, un banc à pique-nique avec quelqu’un qui bouquine… le temps s’est arrêté quelques instants jusqu’à ce que je me rappelle mon RV, justement à la terrasse du petit resto jouxtant le jardin et la maison. Je n’en reviens toujours pas de l’improbabilité d’une telle demeure squattée pleine de charme, dans un environnement aussi urbain que ça. J’adore.

Donc je retrouve une amie sur une terrasse qui elle aussi mérite le détour (la terrasse mais aussi mon amie !) car toute aussi planquée et calme, avec les loupiottes de couleur, on imagine le soir un esprit guinguette investir le lieu. Quoiqu’il en soit, un autre petit havre de paix s’offre à nous pour la pause déjeuner. La patronne est au service avec une énergie débordante, du coup, me sens comme chez moi. 3 suggestions du jour à moins de 20 Frs avec petite salade en entrée. Quand j’ai vu, gouté, mangé mon steack de calamar grillé, petite sauce aigre douce maison, légumes et riz cuisinés, jusqu’au moindre grain de riz et essuyé mon assiette jusqu’à absence totale de sauce, me suis dit qu’aujourd’hui, c’était ma journée !

Me suis aussi précipitée à l’intérieur pour anticiper les grands froids et à ma grande surprise (la vitrine ne laissant pas entrevoir ça), la salle avec une petite mezzanine est sympa tout plein, chaleureuse et à l’image de la patronne. Mon seul regret : être passée devant plein de fois et ne jamais être rentrée plus tôt dans ce petit resto. Du coup, ça c’est le 2ème regret, j’ai raté les soirées d’été où les tables envahissaient non seulement la terrasse mais aussi toute la rue et où des musicos jouaient!

Maintenant je connais et comprends mieux le concept du « coq en pâte » !

Restaurant Le Coq en pâte
42 Passage St François
1205 Genève
Tél. 022 328 09 00
Ouvert du lundi au vendredi midi et soir