Un dimanche en ville, un été plein de touristes, un pont du Mont-Blanc bouché et des drapeaux qui feraient se retourner plus d’un genevois dans leur tombe et provoqueraient autant de crises cardiaques à l’Office de Tourisme! Du Doner Kebab en veux-tu en voilà, a en faire une indigestion! C’est sûre que ça change de l’aigle et de la clé, de l’ONU, des Automnales ou du Salon de l’Auto! Pas mal la promo pour la junk food turc… En un quart de seconde, je me dis que Genève est vraiment devenue une ville vénale où tout s’achète désormais! Moi qui avais tenté en son temps, d’avoir cet espace pour promouvoir une ONG à la noble cause, j’avais eu une fin de non recevoir… Pas rancunière pour 2 sous, je cogite, regarde, reregarde, pensant qu’un truc m’échappe : c’est clair que je n’aurai jamais autant scruté un oriflamme de ma vie en donnant l’impression d’avoir les neurones en stand by!

Et puis voilà, mes lumières ont été éclairées : c’est de l’art! Et de l’art contemporain s’il vous plait, commandé dans le cadre du Quartier des Bains! Donc pas forcément accessible au commun des mortels surtout quand on n’est pas prévenu et que l’explicatif sur le pont n’est pas des plus visibles! Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je m’astreins à toujours voir des expo lorsqu’il y a une visite commentée. En fait, c’est ça : je suis trop conne pour me rendre compte spontanément,  non pas de la beauté du geste (ne cherchez pas, il n’y en a aucun), mais simplement de la démarche, de la réflexion, du chemin cognitif emprunté par l’artiste, du message qu’il cherche à nous faire passer… Pour moi, c’était de la pub, mais maintenant que je sais que c’est de l’art, j’entrevois la dimension décalée, voire impertinente de l’œuvre et je me dis que définitivement, tout est une question de perspective!

En même temps, je m’en fous, car art ou pas art, le doner kebab, je n’ai jamais aimé! Et puis j’ai trouvé le sujet de causette à polémique de l’été!!!